COMMUNIQUé DE PRESSE

Claude Fugain : Jeune j’aurais tagué les panneaux « Métropole apaisée » !

Je suis Claude Fugain, médecin ORL phoniatre, auteure, femme engagée mais souvent plus connue comme la sœur de mon frère, chanteur renommé, ou la fille de mon père, héro de la Resistance. Je suis d’une génération où la Légion d’honneur ne suffit pas nécessairement à une femme pour se distinguer des hommes qui l’entourent. Je rêve d’un temps où les femmes seront reconnues pour elles-mêmes.

Je ne représente personne. Je ne suis membre d’aucun parti, d’aucune chapelle. Je ne représente que moi. Je suis une Grenobloise de toujours, issue d’une famille fortement attachée à Grenoble, même si j’habite et vote désormais sur une autre commune de l’agglomération. Je suis une femme à présent plus âgée qui a vu l’évolution de cette ville, une femme qui aime toujours sa ville mais qui ne s’y retrouve plus et ne peut se résoudre à ce qu’elle est devenue. Aujourd’hui, je m’exprime car il ne m’est pas pensable que l’on transmettre dans cet état notre ville aux générations à venir.

Le constat que je fais est qu’il devient de plus en plus difficile d’accéder et de se déplacer à Grenoble, mais le plus amer est de réaliser que l’attrait de la ville ne vaut même plus cette peine, que l’on a plus envie d’y entrer. Il n y a plus de vie, plus d’activité, l’environnement n’y est plus agréable, les commerces ferment et on ne sent plus en sécurité, même en pleine journée. Les incivilités sont un euphémisme insupportable pour les personnes âgées. Jeune j’aurais tagué les panneaux « Métropole apaisée » !

Car on n’apaise pas une ville en faisant mine d’ignorer les faits divers ou en concentrant les véhicules sur des axes autrefois plaisants ; on ne crée pas une ville pour tous en augmentant le tarif des transports publics pour les personnes âgées, alors qu’ils ne se déplacent ni en vélo ni en trottinette. Il ne suffit pas de supprimer les voitures pour qu’une ville soit agréable ; l’exemple de la place Grenette est criant.

L’écologie ne peut être punitive, pour preuve, les résultats ne sont pas là : la pollution n’a pas baissé, les embouteillages ont augmenté et la ville est délaissée ; on n’élève pas l’esprit en méprisant la Culture ; on ne fait pas une société plus démocratique en refusant le dialogue ; on ne construit pas une société en commun en s’affranchissant des lois ou en remettant systématiquement en cause les institutions qui sont le cadre fondamental du vivre ensemble.

Ce n’est pas cela la Résistance. La Résistance ne signifie pas s’opposer à tout par principe. La Résistance est encore moins un slogan. Les tentatives de récupérations politiciennes sont à l’opposé de l’esprit du CNR et des valeurs pour lesquelles s’est battu mon père. L’histoire ne nomme pas les héritiers de la Résistance. L’héritage de la Résistance n’appartient à personne, sinon à ceux qui font vivre au quotidien ses valeurs de dévouement à l’autre et de l’engagement sincère, de sens du devoir et des responsabilités, de respect, de dialogue et d’ouverture, de la parole juste et de la noblesse de cœur. 

C’est justement à la cérémonie en hommage à mon père que j’ai rencontré Emilie Chalas. Nous avons alors échangé sur nos itinéraires de femmes et de citoyennes engagées pour l’intérêt général, chacune à notre manière et pour sa génération respective. J’ai été séduite par sa jeunesse, sa force, son intelligence, son regard neuf et son attitude positive qui contrastent avec le monde politique. Ce n’est pas là un soutien de complaisance car nous ne nous connaissions auparavant mais j’ai été frappée par cette rencontre et la personnalité d’Emilie Chalas.

Je suis sensible aussi au message d’ouverture et de dépassement des clivages qu’incarne sa famille politique et le Président de la République pour qui j’ai voté. D’une famille de rebelles de gauche, je n’ai pas aujourd’hui la sensation d’avoir eu tort de le faire. En tant que femme de gauche, si je devais voter à Grenoble, je ne pourrais pas voter pour le maire sortant. De même, je suis offusquée par le retour de l’ancien maire qu’aucun Grenoblois ne devrait soutenir. L’alternative est pour moi une évidence. Pour l’avenir de Grenoble je voterais Emilie Chalas.

Fermer le menu